Le samedi 14 mars 2020 restera longtemps gravé dans les mémoires des passionnés de voyage, puisqu’il s’agit du jour où le monde a cessé de voyager. Bien évidemment, certains avions ont volé après cette date, mais principalement pour la réalisation de rapatriements, pour des retours au bercail d’expatriés ou encore pour des raisons exclusivement sanitaires. Jamais dans l’Histoire contemporaine, même en période de guerre, le tourisme n’a été « éteint » de la sorte, laissant un pan entier de l’économie mondiale sur la touche. Cette situation a-t-elle réussi à engendrer la fin du tourisme de masse dont beaucoup rêvent tant ? Obtenez la réponse à cette question à travers les informations ci-dessous.

La crise du Covid-19 : Une situation qui a entrainé bien de conséquences

Bien que l’industrie mondiale du voyage soit considérée comme la plus rentable de la planète, la crise du Covid-19 a réussi à la placer en territoire inconnu, car la plupart des pays ont fermé leurs frontières. Les compagnies aériennes sont menacées de faillite et restent alors sous perfusion. On remarque les étonnants faits ci-après :

  • Les ports qui refusent l’entrée aux navires de croisière, menaçant ainsi la base même du modèle économique du bateau de plaisance,
  • Les industries associées de l’hôtellerie, des arts et de la culture sont sur le carreau.
  • Des événements majeurs sont annulés, sans visibilité,
  • Les saisons touristiques s’effondrent dans de nombreuses destinations touristiques, qui n’ont parfois que cette manne pour irriguer les populations locales,
  • Les travailleurs vulnérables sous contrat temporaire souffrent.

Le désastre semble donc irréversible… Mais, est-ce vraiment le cas ? Si l’on considère que les activités humaines doivent changer afin d’éviter les pires effets du changement climatique induit par l’Homme, la crise du coronavirus pourrait d’une certaine manière offrir une opportunité inattendue. C’est en tout cas ce qu’avancent ceux qui veulent voir le verre à moitié plein et vois les effets positifs d’une telle situation. Plus qu’un bouleversement, ils voient une accélération d’un scénario de toute façon inéluctable. Plutôt que d’essayer de revenir à la normale le plus rapidement possible, le Covid-19 nous met au défi de réfléchir au type de consommation qui sous-tend les modes non durables des industries du voyage et du tourisme. C’est en tout cas le décryptage que Parlorama.eu fait de cette situation.

La dépendance vis-à-vis du tourisme

Le transport aérien occupe une place importante dans les discussions sur la réduction des émissions de carbone.

Même si l’aviation commerciale ne représente « que » 2,4 % de toutes les émissions dues à l’utilisation de combustibles fossiles, elle est montrée du doigt dans un monde qui traque le bilan carbone.

Cependant, les préoccupations en matière de durabilité dans les secteurs du voyage et du tourisme vont bien au-delà des émissions de gaz à effet de serre. Dans de nombreux endroits, le tourisme a dépassé ses limites de durabilité, au détriment des communautés locales. Le sur-tourisme qui frappe des destinations comme Venise, Barcelone et Reykjavik en est une conséquence. Les bateaux de croisière dégorgent des milliers de personnes pour des visites d’une demi-journée qui submergent la destination, mais laissent peu de bénéfices économiques tangibles.

Les tarifs aériens du low cost encouragent les séjours en week-end en Europe et inondent les vieilles villes comme Prague et Dubrovnik. Par ailleurs, le besoin de croissance se perpétue, car la dépendance à l’égard du tourisme enferme les communautés dans le système. La « culture-idéologie de la consommation », par laquelle les modes de consommation qui étaient autrefois l’apanage des riches sont devenus endémiques, n’est bien évidemment pas étrangère à ce sur-tourisme. Le tourisme s’inscrit dans cette culture-idéologie comme un pilier essentiel pour atteindre une croissance économique sans fin, du moins en théorie.

La créativité et l’innovation pour « contourner » la crise

Nombreux sont ceux qui veulent désespérément s’assurer que les affaires continuent comme si de rien n’était. La réalité économique est certes têtue : si nous n’avons pas la possibilité de voyager, le tourisme agonisera ou, du moins, cette forme de tourisme n’existera plus. C’est un grand coup porté à l’économie, mais la crise invite à la créativité. Les voyageurs d’affaires en déplacement se rendent compte que les réunions d’affaires virtuelles fonctionnent de manière satisfaisante. Les conférences se réorganisent en vue de sessions virtuelles.

Les événements et les institutions artistiques et culturelles se tournent vers la diffusion en direct pour entrer en contact avec le public. Dans les villes italiennes bouclées, les habitants sont sortis sur leur balcon pour jouer de la musique et célébrer en communauté. À Paris, des séances cinéma avec des projections sur les façades des immeubles ont été spontanément organisées par les riverains. Les cafés locaux et les coopératives alimentaires apportent leur soutien aux personnes marginalisées et âgées de la communauté afin qu’elles ne soient pas oubliées.

Ces réponses remettent en question l’individualisme atomisé qui est allé de pair avec le consumérisme des voyages et du tourisme. Cette crise de santé publique nous rappelle que notre bien-être ne dépend pas de notre statut de consommateur, mais de notre appartenance à une communauté. Le fait de rester plus près de chez soi pourrait être un catalyseur qui nous éveillerait à la valeur de manger localement, de voyager moins et de simplement ralentir et se rapprocher de notre communauté. Une fois la crise passée, nous pourrions trouver le statu quo moins convaincant.

Nous pourrions apprendre que le fait de ne pas voyager sur de longues distances ne nous a pas empêchés de voyager : cela nous a simplement fait prendre conscience de la richesse du local et du régional.

Que peuvent faire les touristes pour éviter le sur-tourisme ?

Le tourisme responsable est un tourisme qui améliore les territoires au lieu de les endommager. Il met l’accent sur le vécu plutôt que sur le consommé, que ce soit pour les touristes ou les populations locales des destinations en question. Par définition, il est donc à l’opposé du sur-tourisme qui entame la qualité de vie des résidents locaux et crée une expérience négative pour les visiteurs. Le sur-tourisme est parfois simplement une question de nombre : il y a trop de tourismes dans un endroit donné à un moment donné. Toutefois, dans certains cas, une approche plus responsable du tourisme peut en atténuer les effets négatifs.

Dans ces cas, la solution peut consister à voyager en tant que touriste responsable, c’est-à-dire à voyager de manière à maximiser les effets positifs et à minimiser les effets négatifs. Il faut penser à deux choses : le lieu et le moment. L’Espagne, l’Italie, l’Islande et la Croatie sont les destinations « habituelles » du sur-tourisme mais dans chaque cas, celui-ci est extrêmement localisé. Barcelone est très fréquentée, et beaucoup de ses habitants s’en plaignent, tout naturellement. Mais l’Espagne est un pays étonnamment grand, et beaucoup de ses villes restent « à l’abri » de la manne touristique.

Mieux encore, allez dans les villages et les montagnes pour avoir un véritable aperçu du pays, loin des hordes habituelles. Non seulement vous aurez un aperçu beaucoup plus réaliste de la vie quotidienne en Espagne, mais dans de nombreux petits pueblos, vous serez accueilli avec les honneurs ! Il existe de nombreux endroits dans le monde qui ont besoin de touristes. Cela inclut également les villages pittoresques du nord de la France, les villes historiques de la Slovaquie ou encore les contrées sauvages de la Laponie !

Bien sûr, si vous voulez vraiment vous promener dans les allées de la Boqueria, vous n’avez pas d’autre choix que de visiter la capitale catalane. Mais ce que vous pouvez faire, c’est la visiter en dehors de la haute saison. C’est plus agréable pour vous, moins stressant pour les habitants, moins contraignant pour les transports publics, et cela peut même vous faire économiser beaucoup d’argent. Et chaque fois que vous voyagez, essayez de faire en sorte que vos dépenses restent le plus possible dans un périmètre local. Payez les droits d’entrée dans les parcs nationaux pour vous assurer que votre visite contribue à la protection de l’environnement, séjournez dans des auberges et établissements familiaux, mangez dans des restaurants locaux et faites des excursions avec des guides locaux.

Le tourisme peut toujours être une force positive, et il est important de veiller à ce que les habitants, les habitats et la faune locale bénéficient de votre présence. Voyager de manière responsable, en petit nombre, ne permet pas seulement d’éviter le sur-tourisme. Il permettra d’établir aussi des liens plus étroits avec les habitants et les modes de vie locaux, pour une expérience de vacances beaucoup plus authentique.

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